La grâce n'arrive pas pas La Poste

Le Pape est parti de l’Évangile du jour, dans lequel Jésus souligne la nécessité de prier avec confiance et assiduité. « Comment prions-nous ? Nous prions par habitude, pieusement mais tranquilles ? » s’interroge le Pape, ou « nous nous mettons avec courage devant le Seigneur pour demander la grâce, pour demander ce pour quoi nous prions ? »

« Le courage dans la prière : une prière qui n’est pas courageuse n’est pas une vraie prière. Le courage d’avoir confiance que le Seigneur nous écoute, le courage de frapper à la porte. Le Seigneur nous le dit. Quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, et à celui qui frappe à la porte on ouvrira. Mais il faut au moins demander, chercher, et frapper. »

« Quand nous prions courageusement, a poursuivi le Pape, le Seigneur nous donne la grâce, mais il s’offre aussi lui-même dans la grâce : l’Esprit Saint, c’est –à-dire lui-même. Mais le Seigneur nous donne-t-il ou nous envoie-t-il une grâce par la poste ? Jamais. Il l’a porte Lui. C’est Lui la grâce ! Ce que nous demandons, c’est un peu comme le papier qui emballe la grâce. Mais la vraie grâce c’est Lui, qui vient me l’apporter. C’est Lui. Notre prière, si elle est courageuse, reçoit ce que nous demandons mais également ce qui est évidemment plus important : le Seigneur ».

« Nous demandons une grâce, mais nous n’osons pas dire : ‘Viens Toi Seigneur me l’apporter ‘. Nous savons qu’une grâce c’est toujours Lui qui nous l’apporte. C’est Lui qui vient et nous la donne. Ne faisons pas mauvaise impression en prenant la grâce sans reconnaître celui qui nous la porte, celui qui nous l’offre, le Seigneur. »

« Que le Seigneur nous donne donc la grâce de s’offrir lui-même à nous nous, toujours, dans toute grâce. Et que nous, nous le reconnaissions, que nous nous puissions alors le louer, comme ces malades guéris dont nous parle l’Evangile. Parce que nous avons, dans cette grâce, trouvé le Seigneur ».

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Nous ne devons jamais vivoter, mais vivre

Homélie du Pape François lors de la célébration des premières Vêpres de l'Avent avec les étudiants des Athénées romains.

Le souhait que saint Paul adresse aux chrétiens de Thessalonique, afin que Dieu les sanctifie jusqu’à la perfection, démontre d’une part sa préoccupation pour leur sainteté de vie mise en danger et, d’autre part, une grande confiance dans l’intervention du Seigneur. Cette préoccupation de l’apôtre est aussi valable pour nous, chrétiens d’aujourd’hui. En effet, la plénitude de la vie chrétienne que Dieu accomplit chez les hommes est toujours menacée par la tentation de céder à l’esprit du monde. C’est pourquoi Dieu nous donne son soutien, grâce auquel nous pouvons persévérer et préserver les dons que l’Esprit Saint nous a donnés, la vie nouvelle dans l’Esprit qu’Il nous donne.

En protégeant cette « sève » salutaire de notre vie, tout notre être, esprit, âme et corps, se conserve irréprochable et intègre. Mais pourquoi Dieu, après nous avoir prodigué ses trésors spirituels, doit-il intervenir encore pour les garder intègres ? C’est une question que nous devons nous poser. Parce que nous sommes faibles — nous le savons tous —, notre nature humaine est fragile et les dons de Dieu sont conservés en nous comme dans des « vases d’argile » (cf. 2 Co 4, 7). L’intervention de Dieu en faveur de notre persévérance jusqu’au bout, jusqu’à la rencontre définitive avec Jésus, est l’expression de sa fidélité. C’est comme un dialogue entre notre faiblesse et sa fidélité. Il est fort dans sa fidélité. Et Paul dira, dans un autre passage, qu’il est — lui-même, Paul — fort dans sa faiblesse. Pourquoi ? Car il est en dialogue avec cette fidélité de Dieu. Et cette fidélité de Dieu ne déçoit jamais. Il est fidèle avant tout à lui-même. Par conséquent, il mènera à son terme l’œuvre qu’il a commencée en chacun de nous, par son appel.

Cela nous donne la sécurité et une grande confiance : une confiance qui repose sur Dieu et qui demande notre collaboration active et courageuse, face aux défis du moment présent. Vous savez, chers jeunes étudiants, qu’on ne peut pas vivre sans regarder les défis, sans répondre aux défis. Celui qui ne regarde pas les défis, qui ne répond pas aux défis, ne vit pas. Votre volonté et vos capacités, unies à la puissance de l’Esprit Saint qui habite en chacun de vous depuis le jour de votre Baptême, vous permettent d’être non pas spectateurs, mais des artisans des événements contemporains. S’il vous plaît, ne regardez pas la vie du haut du balcon! Participez là où se trouvent les défis, qui vous demandent de l’aide pour faire avancer la vie, le développement, le combat pour la dignité des personnes, le combat contre la pauvreté, le combat pour les valeurs, et tant de combats que nous rencontrons chaque jour. Les défis que vous, jeunes universitaires, êtes appelés à affronter avec force intérieure et audace évangélique, sont divers. Force et audace. Le contexte socio-culturel dans lequel vous êtes insérés est parfois alourdi par la médiocrité et par l’ennui. Il ne faut pas se résigner à la monotonie de la vie quotidienne, mais cultiver des projets d’une vaste portée, aller au-delà de l’ordinaire : ne vous laissez pas voler l’enthousiasme de la jeunesse! Ce serait une erreur aussi de se laisser emprisonner par la pensée faible et par la pensée uniforme, celle qui est homologuée, ou bien par une mondialisation entendue comme homologation.

Pour dépasser ces risques, le modèle à suivre n’est pas la sphère. Le modèle à suivre dans la véritable mondialisation — qui est bonne —, n’est pas la sphère, où tout relief est nivelé et où disparaît toute différence ; le modèle est au contraire le polyèdre, qui inclut une multiplicité d’éléments et respecte l’unité dans la variété. En défendant l’unité, défendons aussi la diversité. Sinon, cette unité ne serait pas humaine. En effet, la pensée est féconde quand elle est l’expression d’un esprit ouvert, qui discerne, toujours éclairé par la vérité, par le bien et par la beauté. Si vous ne vous laissez pas conditionner par l’opinion dominante, mais restez fidèles aux principes éthiques et religieux chrétiens, vous trouverez le courage d’aller à contre-courant. Dans un univers mondialisé, vous pourrez contribuer à sauvegarder les particularités et les caractéristiques, mais en cherchant à ne pas abaisser le niveau éthique. En effet, la pluralité de pensée et d’individualité reflète la sagesse multiforme de Dieu quand elle s’approche de la vérité avec honnêteté et rigueur intellectuelle, quand elle s’approche de la bonté, quand elle s’approche de la beauté, afin que chacun puisse être un don au profit de tous.

Que l’engagement de cheminer dans la foi et de vous comporter de façon cohérente avec l’Évangile vous accompagne en ce temps de l’Avent, pour vivre de façon authentique la commémoration du Noël du Seigneur. Le beau témoignage du bienheureux Pier Giorgio Frassati — étudiant comme vous — peut vous aider, lui qui disait : « Vivre sans foi, sans patrimoine à défendre, sans soutenir la vérité dans une lutte continue, n’est pas vivre mais vivoter. Nous ne devons jamais vivoter, mais vivre » (Lettre à I. Bonini, 27.02.1925).

Prière de St François

"Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l'amour.
Là où est l'offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l'union.
Là où est l'erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l'espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu'à consoler,
à être compris qu'à comprendre,
à être aimé qu'à aimer.

Car c'est en se donnant qu'on reçoit,
c'est en s'oubliant qu'on se retrouve,
c'est en pardonnant qu'on est pardonné,
c'est en mourant qu'on ressuscite à l'éternelle vie."

 

St François d'Assise

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Que faut-il dire aux hommes ?

(Lettre au Général X, dernière lettre, écrite la veille de sa mort, par Antoine de Saint-Exupéry)

Je viens de faire quelques vols sur P. 38. C'est une belle machine. J'aurais été heureux de disposer de ce cadeau-là pour mes vingt ans. Je constate avec mélancolie qu'aujourd'hui, à quarante trois ans, après quelques six mille cinq cents heures de vol sous tous les ciels du monde, je ne puis plus trouver grand plaisir à ce jeu-là. Ce n'est plus qu'un instrument de déplacement - ici de guerre. Si je me soumets à la vitesse et à l'altitude à mon âge patriarcal pour ce métier, c'est bien plus pour ne rien refuser des emmerdements de ma génération que dans l'espoir de retrouver les satisfactions d'autrefois.

Ceci est peut-être mélancolique, mais peut-être bien ne l'est-ce pas. C'est sans doute quand j'avais vingt ans que je me trompais. En Octobre 1940, de retour d'Afrique du Nord où le groupe 2 - 33 avait émigré, ma voiture étant remisée exsangue dans quelque garage poussiéreux, j'ai découvert la carriole et le cheval. Par elle l'herbe des chemins. Les moutons et les oliviers. Ces oliviers avaient un autre rôle que celui de battre la mesure derrière les vitres à 130 kms à l'heure. Ils se montraient dans leur rythme vrai qui est de lentement fabriquer des olives. Les
moutons n'avaient pas pour fin exclusive de faire tomber la moyenne. Ils redevenaient vivants. Ils faisaient de vraies crottes et fabriquaient de la vraie laine. Et l'herbe aussi avait un sens puisqu'ils la broutaient.

Et je me suis senti revivre dans ce seul coin du monde où la poussière soit parfumée (je suis injuste, elle l'est en Grèce aussi comme en Provence). Et il m'a semblé que, toute ma vie, j'avais été un imbécile...
Tout cela pour vous expliquer que cette existence grégaire au cœur d'une base américaine, ces repas expédiés debout en dix minutes, ce va-et-vient entre les monoplaces de 2600 chevaux dans une bâtisse abstraite où nous sommes entassé à trois par chambre, ce terrible désert humain, en un mot, n'a rien qui me caresse le cœur. Ça aussi, comme les missions sans profit ou espoir de retour de Juin 1940, c'est une maladie à passer. Je suis "malade" pour un temps inconnu. Mais je ne me reconnais pas le droit de ne pas subir cette maladie. Voilà tout.

Aujourd'hui, je suis profondément triste. Je suis triste pour ma génération qui est vide de toute substance humaine. Qui n'ayant connu que les bars, les mathématiques et les Bugatti comme forme de vie spirituelle, se trouve aujourd'hui plongé dans une action strictement grégaire qui n'a plus aucune couleur.
On ne sait pas le remarquer. Prenez le phénomène militaire d'il y a cent ans. Considérez combien il intégrait d'efforts pour qu'il fut répondu à la vie spirituelle, poétique ou simplement humaine de l'homme. Aujourd'hui nous sommes plus desséchés que des briques, nous sourions de ces niaiseries. Les costumes, les drapeaux, les chants, la musique, les victoires (il n'est pas de victoire aujourd'hui, il n'est que des phénomènes de digestion lente ou rapide)
tout lyrisme sonne ridicule et les hommes refusent d'être réveillés à une vie spirituelle quelconque. Ils font honnêtement une sorte de travail à la chaîne. Comme dit la jeunesse américaine, "nous acceptons honnêtement ce job ingrat" et la propagande, dans le monde entier, se bat les flancs avec désespoir.

De la tragédie grecque, l'humanité, dans sa décadence, est tombée jusqu'au théâtre de Mr Louis Verneuil (on ne peut guère aller plus loin). Siècle de publicité, du système Bedeau, des régimes totalitaires et des armées sans clairons ni drapeaux, ni messes pour les morts. Je hais mon époque de toutes mes forces. L'homme y meurt de soif.
Ah ! Général, il n'y a qu'un problème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien. On ne peut vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés, voyez-vous ! On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Rien qu'à entendre un chant villageois du 15 ème siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi). Deux milliards d'hommes n'entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot, se font robots.

Tous les craquements des trente dernières années n'ont que deux sources : les impasses du système économique du XIX ème siècle et le désespoir spirituel. Pourquoi Mermoz a-t-il suivi son grand dadais de colonel sinon par soif ?
Pourquoi la Russie ? Pourquoi l'Espagne ? Les hommes ont fait l'essai des valeurs cartésiennes : hors des sciences de la nature, cela ne leur a guère réussi. Il n'y a qu'un problème, un seul : redécouvrir qu'il est une vie de l'esprit plus haute encore que la vie de l'intelligence, la seule qui satisfasse l'homme. Ca déborde le problème de la vie religieuse qui n'en est qu'une forme (bien que peut-être la vie de l'esprit conduise à l'autre nécessairement). Et la vie de l'esprit commence là où un être est conçu au-dessus des matériaux qui le composent. L'amour de la maison -cet amour inconnaissable aux Etats-Unis - est déjà de la vie de l'esprit.
Et la fête villageoise, et le culte des morts (je cite cela car il s'est tué depuis mon arrivée ici deux ou trois parachutistes, mais on les a escamotés : ils avaient fini de servir) . Cela c'est de l'époque, non de l'Amérique : l'homme n'a plus de sens.

Il faut absolument parler aux hommes.
A quoi servira de gagner la guerre si nous en avons pour cent ans de crise d'épilepsie révolutionnaire ? Quand la question allemande sera enfin réglée tous les problèmes véritables commenceront à se poser. Il est peu probable que la spéculation sur les stocks américains suffise au sortir de cette guerre à distraire, comme en 1919, l'humanité de ses soucis véritables. Faute d'un courant spirituel fort, il poussera, comme champignons, trente-six sectes qui se
diviseront les unes les autres. Le marxisme lui-même, trop vieilli, se décomposera en une multitude de néo-marxismes contradictoires. On l'a bien observé en Espagne. A moins qu'un César français ne nous installe dans un camp de concentration pour l'éternité.
Ah ! quel étrange soir, ce soir, quel étrange climat. Je vois de ma chambre s'allumer les fenêtres de ces bâtisses sans visages. J'entends les postes de radio divers débiter leur musique de mirliton à ces foules désœuvrées venues d'au-delà des mers et qui ne connaissent même pas la nostalgie.

On peut confondre cette acceptation résignée avec l'esprit de sacrifice ou la grandeur morale. Ce serait là une belle erreur. Les liens d'amour qui nouent l'homme d'aujourd'hui aux êtres comme aux choses sont si peu tendus, si peu denses, que l'homme ne sent plus l'absence comme autrefois. C'est le mot terrible de cette histoire juive : "tu vas donc là-bas ? Comme tu seras loin " - Loin d'où ? Le "où" qu'ils ont quitté n'était plus guère qu'un vaste faisceau
d'habitudes.
Dans cette époque de divorce, on divorce avec la même facilité d'avec les choses. Les frigidaires sont interchangeables. Et la maison aussi si elle n'est qu'un assemblage. Et la femme. Et la religion. Et le parti. On ne peut même pas être infidèle : à quoi serait-on infidèle ? Loin d'où et infidèle à quoi ? Désert de l'homme.

Qu'ils sont donc sages et paisibles ces hommes en groupe. Moi je songe aux marins bretons d'autrefois, qui débarquaient, lâchés sur une ville, à ces noeuds complexes d'appétits violents et de nostalgie intolérable qu'ont toujours constitués les mâles un peu trop sévèrement parqués. Il fallait toujours, pour les tenir, des gendarmes forts ou des principes forts ou des fois fortes. Mais aucun de ceux-là ne manquerait de respect à une gardeuse d'oies.
L'homme d'aujourd'hui on le fait tenir tranquille, selon le milieu, avec la belote ou le bridge. Nous sommes étonnamment bien châtrés.

Ainsi sommes-nous enfin libres . On nous a coupé les bras et les jambes, puis on nous a laissé libres de marcher.

Mais je hais cette époque où l'homme devient, sous un totalitarisme universel, bétail doux, poli et tranquille. On nous fait prendre ça pour un progrès moral ! Ce que je hais dans le marxisme, c'est le totalitarisme à quoi il conduit.
L'homme y est défini comme producteur et consommateur, le problème essentiel étant celui de la distribution. Ce que je hais dans le nazisme, c'est le totalitarisme à quoi il prétend par son essence même. On fait défiler les ouvriers de la Ruhr devant un Van Gogh, un Cézanne et un chromo. Ils votent naturellement pour le chromo. Voilà la vérité du peuple ! On boucle solidement dans un camp de concentration les candidats Cézanne, les candidats Van Gogh,
tous les grands non-conformistes, et l'on alimente en chromos un bétail soumis. Mais où vont les États-Unis et où allons-nous, nous aussi, à cette époque de fonctionnariat universel ?

L'homme robot, l'homme termite, l'homme oscillant du travail à la chaîne système Bedeau à la belote. L'homme châtré de tout son pouvoir créateur, et qui ne sait même plus, du fond de son village, créer une danse ni une chanson. L'homme que l'on alimente en culture de confection, en culture standard comme on alimente les boeufs en foin.
C'est cela l'homme d'aujourd'hui.
Et moi je pense que, il n'y a pas trois cents ans, on pouvait écrire " La Princesse de Clèves" ou s'enfermer dans un couvent pour la vie à cause d'un amour perdu, tant était brûlant l'amour.

Aujourd'hui bien sûr les gens se suicident, mais la souffrance de ceux-là est de l'ordre d'une rage de dents intolérable. Ce n'a point à faire avec l'amour.
Certes, il est une première étape. Je ne puis supporter l'idée de verser des générations d'enfants français dans le ventre du moloch allemand. La substance même est menacée, mais, quand elle sera sauvée, alors se posera le problème fondamental qui est celui de notre temps. Qui est celui du sens de l'homme et auquel il n'est point proposé de réponse, et j'ai l'impression de marcher vers les temps les plus noirs du monde.
Ça m'est égal d'être tué en guerre. De ce que j'ai aimé, que restera-t-il ? Autant que les êtres, je parle des coutumes, des intonations irremplaçables, d'une certaine lumière spirituelle. Du déjeuner dans la ferme provençale sous les oliviers, mais aussi de Haendel. Les choses. je m'en fous, qui subsisteront. Ce qui vaut, c'est certain arrangement des choses. La civilisation est un bien invisible puisqu'elle porte non sur les choses, mais sur les invisibles liens qui les nouent l'une à l'autre, ainsi et non autrement. Nous aurons de parfaits instruments de musique, distribués en grande série, mais où sera le musicien ? Si je suis tué en guerre, je m'en moque bien. Ou si je subis une crise de rage de ces sortes de torpilles volantes qui n'ont plus rien à voir avec le vol et font du pilote parmi ses boutons et ses cadrans une sorte de chef comptable (le vol aussi c'est un certain ordre de liens).

Mais si je rentre vivant de ce "job nécessaire et ingrat", il ne se posera pour moi qu'un problème : que peut-on, que faut-il dire aux hommes ?

30 Juillet 1944

Topo confession

Pour bien te confesser, prends le temps qu'il te faut. Prépare toi en cherchant, dans le secret de ton cœur, ce qui a pu offenser le Seigneur depuis ta dernière confession (ou depuis ton baptême, si tu ne t'es jamais confessé. ). Tu trouveras en page suivante quelques questions, quelques « pistes » pour t'aider .

N'hésite pas à demander aussi au prêtre de t'aider, si tu n'as pas l'habitude, ou si tu éprouves des difficultés.

Une fois que tu es prêt, tu vas voir le prêtre. Tu peux lui dire : « Bénissez moi, mon Père, parce que j'ai péché. »

Il te bénit. Tu lui dis à quand remonte à peu près ta dernière confession. Puis, très simplement, avec beaucoup de confiance, car le prêtre tient la place de Jésus, tu confies tous les péchés dont tu te souviens. Le prêtre t'écoute avec un cœur qui ne juge pas, mais un cœur qui aime et qui console : le cœur de Dieu. Ne garde rien pour toi : tu empêcherais Dieu de venir guérir ces blessures. Au contraire, sois simple, franc et humble. Tu connaîtras la joie d'un cœur libre !

Il te dit ensuite quelques mots pour t'aider. Tu peux s'il te le propose, redire ton acte de contrition pour montrer à Dieu que tu regrettes vraiment de l'avoir offensé mais que tu as confiance en son pardon :

« Mon Dieu, j'ai un très grand regret de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable, et que le péché vous déplaît. Je prends la ferme résolution, avec le secours de votre sainte grâce, de ne plus vous offenser et de faire pénitence. »

Puis le prêtre te donne le pardon du Seigneur : l'absolution. Tous tes péchés sont pardonnés, ton coeur est totalement pur ! Le prêtre peut te proposer aussi une petite pénitence, un acte ou une prière que tu feras pour montrer au Seigneur ton désir de réparer le mal commis, et de progresser.

Garde tout au long de ces jours-ci cette joie profonde de te savoir pardonné, guéri, purifié, aimé de ton Dieu. Tu lui as donné sa plus grande joie : celle de te combler de son pardon !

Prends l'habitude de vivre ce grand et beau sacrement régulièrement et fréquemment. Tu y trouveras la joie du pardon, et la force de progresser dans ta vie et dans ta foi. Ne t'étonnes de redire souvent les mêmes choses : l'important est ton ferme désir de progresser peu à peu dans l'amour de Dieu.
« Le saint n'est pas celui qui ne chute jamais. C'est celui qui se relève après
chaque chute »
***
Examen de conscience
 

Envers Dieu :

« Tu adoreras Dieu seul et tu l'aimeras plus que tout » (Dt 5)

Dieu est-il vraiment au centre de ma vie ? Ai-je négligé la messe du dimanche ? Ai-je négligé de prendre chaque jour un temps de prière personnelle ? Est-ce que je lis ou écoute la Parole de Dieu, et essaye de la mettre en pratique ? Est ce que je cherche à mieux connaître Dieu ? Ma vie chrétienne est-elle au contraire tiède et paresseuse ? Ai-je manqué de foi dans l'amour de Dieu, dans sa miséricorde ou sa puissance ? Ai-je parfois rougis d'être chrétien(ne), ou eu honte de l'affirmer ? Ai-je le désir de témoigner de Dieu autour de moi, par ma vie et par mes paroles ? Me suis-je plaint, découragé, désespéré ? En ai-je voulu à Dieu ? Ai-je été reconnaissant ou ingrat ? Ai-je manqué de respect envers Dieu ? Ai-je fait des choses contre la foi (blasphèmes, spiritisme, ...) Ai-je profité des sacrements que Dieu me donne pour m'aider (confession régulière...) Ai-je été vrai dans mes confessions précédentes ou ai-je caché des péchés volontairement ? Ai-je communié en ayant des péchés graves sur la conscience ?

Envers les autres :

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».

Ai-je aimé et respecté mes parents ? les autres membres de ma famille ? Ai-je respecté ceux qui exercent une autorité sur moi (professeurs, chefs, etc...) ou ceux qui sont là pour m'aider ?
Ai-je tué (avortement), blessé ? Ai-je haï ? Ai-je cherché à me venger ? Ai-je souhaité du mal à autrui ? Ai-je cédé à la rancune ? Ai-je refusé de pardonner ou de demander pardon ?
Ai-je respecté ma vie et celle de mon prochain ? (cannabis, excès d'alcool, excès de tabac, etc...)
Ai-je volé ? (si oui, ai-je ensuite rendu ?) Ai-je triché ? Ai-je trompé ? Ai-je jalousé ? Ai-je convoité ?
Ai-je menti ? Ai-je calomnié, raconté des choses fausses sur quelqu'un pour lui nuire ?
Ai-je refusé de servir ? Ai-je refusé de donner mon temps ? Ai-je porté attention aux autres ? aux plus faibles ? Ai-je été égoïste ? Ai-je été orgueilleux, vaniteux ? Ai-je été paresseux ? Ai-je travaillé en faisant de mon mieux ? Ai-je été généreux ? Ai-je accepté de partager joyeusement ?
Ai-je jugé ? Ai-je méprisé , critiqué, cherché à abaisser l'autre ?

Envers moi-même :

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ( Mc 12, 31)

Ai-je su m'aimer comme il convient, m'accepter comme je suis ? Ai-je pris soin de moi ? Me suis-je laissé aimer par les autres ? Me suis-je laissé aimer par Dieu ?
Ai-je été impur ? en pensées ? en paroles ? en actes ? ai-je manqué à la chasteté ? Seul (masturbation), avec d'autres ? Ai-je « flirté » ou « chopé »? ai-je eu des relations sexuelles sans être marié ? ai-je regardé des images malsaines ? (films, revues, internet...)
Suis-je resté libre par rapport à la TV ? à l'ordinateur ? à la musique ? à la mode ? au regard des autres ?

Source : Abbé Grosjean

Le style Raider

Le raider scout est un scout expérimenté, qui a déjà compris le sens et le but du scoutisme, qui a progressé, obtenu sa 1ère classe et des brevets, mais qui a envie d’aller encore plus loin, au maximum de lui-même, en sentant déjà qu’on n’a rien donné tant qu’on n’a pas tout donné ( Cf. cérémonial du Départ routier).
Le raider scout est un garçon qui a compris, à l’exemple du Christ, qu’il s’engage à suivre, qu’on ne peut réussir sa vie qu’en la donnant aux autres.

Il a entendu le message de l’Evangile ; il s’efforce de le vivre. Il est tellement plein de l’amour du Christ qu’il en déborde. Sa foi se manifeste surtout par sa volonté de servir. C’est cela qui caractérise le raider scout et qui est symbolisé par l’insigne qu’il porte : une bouée, pour la lancer aux autres, pour les aider à surnager. Des ailes portent la bouée : pour agir vite, avec compétence. La croix scoute est au centre de la bouée : c’est le signe de l’esprit qui anime le garçon : non par orgueil ou gloire personnelle, mais humble service du Christ des Béatitudes.

Mais le raider scout ne marche pas seul. C’est un éclaireur : il montre la route, en marchant devant et entraîne sa patrouille à sa suite.

Pour y parvenir, le raider scout s’entraîne à servir:

- Par la pratique d’un sport exigeant cran, maîtrise de soi et esprit d’aventure.

- Par la formation de sa volonté, à travers le raid solitaire,

- Par la maîtrise des technique d’intervention et de secourisme,

- Par sa capacité à communiquer avec les autres en utilisant les moyens adaptés,

- Par son action missionnaire là où il se trouve.

Allons à contre-courant

« A vous les jeunes, je dis : N'ayez pas peur d'aller à contre-courant, quand on veut nous voler l'espérance, quand on nous propose ces valeurs qui sont avariées, des valeurs comme un plat qui n'est plus bon, et quand un plat n'est plus bon, il nous fait mal ; ces valeurs nous font mal. Nous devons aller à contre-courant ! Et vous les jeunes, vous êtes les premiers : allez à contre-courant et ayez cette fierté d'aller précisément à contre-courant. En avant, soyez courageux et allez à contre-courant ! Et soyez fiers de le faire ! »

Pape François, 23 juin 2013

Dernier message de Baden-Powell

«Je vous demande, à vous chefs de patrouilles, de former à l’avenir vos patrouilles entièrement seuls : vous pouvez prendre en main chacun de vos scouts et en faire de braves garçons. Il ne sert à rien d’avoir un ou deux types épatants et le reste d’individus qui ne valent rien. Il faut vous appliquer à ce qu’ils soient tous à la hauteur.

Le plus important pour cela, c’est l’exemple que vous donnerez vous-même : ce que vous ferez, vos éclaireurs le feront aussi. Montrez-leurs que vous savez obéir à des ordres, qu’ils soient donnés de vive voix ou seulement par écrit, et que vous les exécutez en l’absence du chef ou en sa présence. Montrez-leurs que vous savez gagner des insignes de capacités, et sans grande dépense d’éloquence, vous obtiendrez que vos garçons suivent vos conseils.

Aux éclaireurs, je dirais : vous avez vu dans cette guerre comment se gagnent les batailles par des soldats qui obéissent et qui suivent leurs officiers, alors même qu’en agissant ainsi, beaucoup vont au devant de la mort.

Mais ils le font parce qu’ils savent que si tous obéissent et font comme un seul homme la tâche qu’on leur donne, les leurs remporteront la victoire. Il en va de même pour les éclaireurs.

Obéissez à votre chef de patrouille, suivez-le et votre patrouille ne se laissera pas distancer. »

Le pardon

« Dieu ne se lasse jamais de pardonner. C'est l'homme qui se lasse de lui demander pardon ».

Pape François, 17 mars 2013

Le sourire

Il est un bon moyen de se créer une âme amicale : le sourire.
Pas le sourire ironique et moqueur, le sourire en coin de lèvres, qui juge et rapetisse.
Mais le sourire large net, le sourire scout à fleur de rire.
Savoir sourire : quelle force ! Force d'apaisement, force de douceur, de calme,force de rayonnement.
Un type fait une réflexion sur ton passage... tu es pressé... tu passes... mais souris, souris vastement. Si ton sourire est franc joyeux, ton type sourira aussi... et l'incident sera clos dans la paix... Essaie.
Tu veux faire à un camarade une critique que tu juges nécessaire, lui donner un conseil que tu crois utile. Critique, conseil, choses dures à avaler.
Mais souris, compense la dureté des mots par l'affection de ton regard, le rire detes lèvres, par toute ta physionomie joyeuse.
Et ta critique, ton conseil porteront mieux... parce qu'ils n'auront pas blessé.
Il est des moments où, devant certaines détresses, les mots ne viennent pas, les paroles consolatrices ne veulent pas sortir... Souris avec tout ton cœur, avec toute ton âme compatissante. Tu as souffert et le sourire muet d'un ami t'a réconforté. Tu ne peux pas ne pas avoir fait cette expérience. Agis de même pour les autres.
" Christ, disait Jacques d'Arnoux, quand ton bois sacré me harasse et me déchire, donne-moi quandmême la force de faire la charité du sourire. "
Car le sourire est une charité.
Souris à ce pauvre à qui tu viens de donner deux sous..., à cette dame à qui tu viens de céder ta place..., à ce monsieur qui s'excuse parce qu'il t'a écrasé le pied en passant.
Il est malaisé parfois de trouver le mot juste, l'attitude vraie, le geste approprié. Mais sourire ! C'est si facile... et cela arrange tant de choses !
Pourquoi ne pas user et abuser de ce moyen si simple.
Le sourire est un reflet de joie. Il en est source. Et là où la joie règne - je veux dire la vraie joie, la joie enprofondeur et en pureté d'âme - là aussi s'épanouit cette "âme amicale " dont parlait si bien Schaeffer.
Routiers, soyons des porteurs de sourires, et par là des semeurs de joie.

Guy de LARIGAUDIE

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