Ô Dieu, envoie-nous des fous.

Ô Dieu, envoie-nous des fous,

qui s'engagent à fond,

qui aiment autrement qu'en paroles,

qui se donnent pour de vrai et jusqu'au bout.

 

Il nous faut des fous,

des déraisonnables, des passionnés,

capables de sauter dans l'insécurité:

L'inconnu toujours plus béant de la pauvreté.

 

Il nous faut des fous du présent,

épris de vie simple, amants de la paix,

purs de compromission, décidés à ne jamais trahir,

méprisant leur propre vie,

capables d'accepter n'importe quelle tâche,

de partir n'importe où:

À la fois libres et obéissants, spontanés et tenaces,

doux et forts,

Ô Dieu, envoie-nous des fous!

 

Père Louis-Joseph Lebret, Dominicain

Une envie de chanter et de danser...

"Vous partez un soir avec un blouson impeccable, des jambes propres, un sac bien équilibré, une boussole pas trop folle, de vrais mouchoirs de poche. Vous revenez trente-six heures plus tard, les jambes en sang, le blouson en loques, les mouchoirs en pansements, la boussole en pendentif, les bas en bourrelets sur les chevilles, le visage maquillé comme pour une fête indienne et la tête pleine de sable mais vous avez envie de chanter et de danser et le bruit du vent est dans vos oreilles plus harmonieux qu'une symphonie de Beethoven."

Jean-Louis Foncine, Le Glaive de Cologne.

Je te loue.

Je te loue ô Père, Créateur du Ciel et de la terre, d'avoir confié la création au travail de mes mains. Je te bénis de participer ainsi à la mission royale de gouverner le monde, toi qui es le seul Roi, le Maître et le Seigneur. Tu m'as placé dans un jardin pour que j'y élève la ville sainte, Jérusalem, la vision de paix. Non pas Babylone la grande, qui disperse et divise, mais la ville où "tout ensemble ne fait qu'un". Je veux transformer le monde selon sa vocation propre, qui est celle de chanter la gloire de ton Nom. En transformant le monde je veux me transformer moi-même, et me présenter à toi en offrande agréable, en t'offrant l'ouvrage de mes mains. Accorde-moi la grâce de ne pas être "affairé sans rien faire", et garde moi d'idolâtrer mon œuvre propre. Que je ne tombe pas dans le péché de mes pères d'adorer le veau d'or, créé par l'industrie de l'homme, mais que par mes mains la création tout entière te loue. Que par mon labeur la création transformée te chante une hymne de gloire, car elle attend mon travail de fils de Dieu et gémit dans tes douleurs de l'enfantement, dans l'espérance de ce jour où elle sera toute entière renouvelée dans la nouveauté du Royaume qui vient.

Je te loue, ô Fils éternel, Jésus, Verbe incarné, toi le fils de la Vierge Mère et du charpentier de Nazareth. Je te loue parce que tu as sanctifié mon travail par le travail de tes mains, dans le silence de ton enfance, des années de ta jeunesse, en attendant le jour de ta manifestation à Israël. Repousse loin de moi l'esprit de paresse, apprends moi à être généreux, à travailler avec courage et force, à me dépenser sans attendre d'autre récompense que de savoir que je fais ta sainte volonté. Obtiens moi de construire dès ici bas la cité de Dieu, et accueille moi à. la fin de mes jours dans la Jérusalem céleste, où tu sécheras toute larme de mes yeux. Toi par qui tout a été fait, toi qui te reposas le septième jour, dans le silence de la création achevée, dans le silence du sépulcre où reposa ton corps, apprends-moi aussi à observer le jour de ta résurrection, prélude de l'éternel repos qui donne sens à mon travail quotidien, sans rien faire d'autre que de me tenir en ta Présence et de recevoir ton Corps très saint.

Je te loue, ô Paraclet, Saint Esprit de Dieu, toi qui dès l'origine planais sur les eaux. Esprit créateur et ordonnateur du monde, apprends-moi l'amour du travail bien fait, qui transforme la création tout en respectant son ordre propre. Toi l'Onction de douceur et de force, toi qui peut emporter les cèdres du Liban et qui murmure comme un souffle, accorde-moi l'autorité véritable, qui ne blesse que pour apaiser, qui ne brise que pour réparer, donne-moi de l'exercer avec l'onction et la sagesse de Salomon et non dans la violence de Saül. Garde moi de mépriser un seul de ces petits que tu pourrais me confier, et donne moi, en habitant et en cultivant la terre, de ne jamais piétiner la dignité de l'homme et son ouverture intime à l'adoration du Très-haut, de qui vient toute paternité véritable, au Ciel et sur la terre, et devant qui je devrai rendre compte, comme un bon intendant des biens de Dieu. Amen. Alléluia.

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Prière fervente pour la rémission des péchés

A toi fontaine de miséricorde, ô Dieu, voici que je viens, moi pécheur. Daigne donc me laver, moi impur.

O soleil de justice, illumine un aveugle.

O médecin éternel, guéris un blessé.

O Roi des rois, revêts un dépouillé.

O médiateur de Dieu et des hommes, réconcilie un coupable.

O bon Pasteur, ramène un errant.

 

Accorde, ô Dieu, la miséricorde à un misérable,

l'indulgence à un criminel, la vie à un mort,

la justification à un impie, Ponction de la grâce à un endurci.

 

O très clément, rappelle-moi quand je fuis,

attire-moi quand je résiste, relève-moi quand je tombe,

soutiens-moi quand je suis debout, conduis-moi quand je marche.

Ne m'oublie pas quand je t'oublie,

ne m'abandonne pas quand je t'abandonne,

ne nie méprise pas quand je pèche.

 

Car en péchant, je t'ai offensé, mon Dieu,

j'ai lésé mon prochain, je ne me suis pas épargné moi-même.

J'ai péché, mon Dieu, par fragilité contre toi, Père tout‑

puissant, par ignorance contre toi, Fils très sage,

par malice contre toi, Esprit-Saint clément ;

en tout cela je t'ai offensé, Trinité sublime.

 

Ah ! malheureux, combien nombreuses et grandes,

combien diverses ont été mes fautes !

je t'ai abandonné, Seigneur, et devant ta bonté je le déplore,

par un amour mauvais, par une mauvaise crainte,

et je préférai te perdre que manquer de ce que j'aimais

ou affronter ce que je craignais.

 

O mon Dieu, que j'ai fait de mal en parole et en action,

péchant secrètement, ouvertement et opiniâtrement !

Je te supplie donc, eu égard à ma fragilité,

de ne pas regarder à mon iniquité,

mais à ton immense bonté,

et de remettre avec clémence ce que j'ai fait,

me donnant la douleur du passé

et une efficace vigilance pour l'avenir. Amen.

 

ST THOMAS D'AQUIN

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Prière de soeur Faustine

Je désire me transformer toute entière en Ta miséricorde et être ainsi un vivant reflet de Toi, ô Seigneur; que le plus grand des attributs divins, Ton insondable miséricorde, passe par mon âme et mon cœur sur le prochain. Aide-moi, Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, pour que je ne soupçonne et ne juge jamais d'après les apparences extérieures, mais que je discerne la beauté dans l'âme de mon prochain et lui vienne en aide.

Aide-moi, Seigneur, pour que mon oreille soit miséricordieuse, afin que je me penche sur les besoins de mon prochain et ne reste pas indifférente à ses douleurs ni à ses plaintes. Aide-moi, Seigneur, pour que ma langue soit miséricordieuse, afin que je ne dise jamais de mal de mon prochain, mais que j'aie pour chacun une parole de consolation et de pardon.

Aide-moi, Seigneur, pour que mes mains soient miséricordieuses et remplies de bonnes actions, afin que je sache faire du bien à mon prochain et prendre sur moi les tâches les plus lourdes et les plus déplaisantes. Aide-moi, Seigneur, pour que mes pieds soient miséricordieux, pour me hâter au secours de mon prochain, en dominant ma propre fatigue et ma lassitude. Mon véritable repos est dans le service rendu à mon prochain.

Aide-moi, Seigneur, pour que mon cœur soit miséricordieux, afin que ressente moi-même les souffrances de mon prochain. Je ne refuserai mon cœur à personne. Je fréquenterai sincèrement même ceux qui, je le sais, vont abuser de ma bonté, et moi, je m'enfermerai dans le Cœur très miséricordieux de Jésus. Je tairai mes propres souffrances. Que Ta miséricorde repose en moi, ô mon Seigneur.

 

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Tard je t'ai aimée.

"Tard je t'ai aimée, beauté si ancienne et si nouvelle, tard je t'ai aimée ! Tu étais au-dedans de moi ; et j'étais, moi, en dehors de moi-même. Et c'est au dehors que je te cherchais. Je me précipitais, difforme, sur les formes belles. Tu étais avec moi, et je n'étais pas avec toi, retenu loin de toi par ces choses qui ne seraient pas, si elles n'étaient en toi.

Tu m'as appelé, et ton cri a forcé ma surdité; tu as brillé, et ton éclat a chassé ma cécité; tu as exhalé ton parfum, je l'ai respiré, et voici que pour toi je soupire; je t'ai goûtée, et j'ai faim et soif de toi; tu m'as touché, et je brûle d'ardeur pour ta paix." (X,27)

"Et tu as vu, mon Dieu, tout ce que tu avais fait, et voilà que c'était très bon, parce que nous aussi nous le voyons et voilà que tout est très bon. Pour chacune de tes œuvres, après avoir dit : "Qu'elles soient", et qu'elles furent, tu as vu qu'elle était bonne. Sept fois, je l'ai compté, il est écrit que ce que tu avais fait, tu vis que c'était bon. Et c'est ici la huitième fois que tu vis tout ce que avais fait, et voilà que non seulement c'était bon, mais encore très bon, si on le prenait tout ensemble. Oui, une à une, les choses étaient seulement bonnes, mais toutes ensemble elles étaient bonnes et très bonnes. Cela, tous les beaux corps le disent aussi; car bien plus beau est un corps, constitué de membres qui sont tous beaux, que tes membres pris un à un, à cause de l'harmonie parfaitement ordonnée qui donne sa plénitude à l'ensemble".

(Confessions de Saint Augustin XIII, Ch 28)

J'avais soif de toi, et l'on me servait à ta place le soleil et la lune.

« Vérité, vérité, au fond de moi et dans la moelle de l'âme, je soupirais pour toi, quand ces hommes te faisaient retentir devant moi, par leur voix et par leurs livres énormes et nombreux ! Et voilà les plats dans lesquels on te présentait à moi ; j'avais soif de toi, et l'on me servait à ta place le soleil et la lune, qui sont tes belles oeuvres, mais tout de même tes ouvres, et non pas toi, ni même les premières de tes oeuvres; car tes créatures spirituelles sont encore supérieures à ces corps lumineux et célestes.

Mais moi, ce n'était pas de ces créatures excellentes, c'était de toi seule, vérité où il n'y a ni changement ni ombre de variation (Jacq. 1,17), que j'avais faim et soif; et l'on m'apportait à table des fantasmes de splendeurs. Et là il eût mieux valu aimer ce soleil, vrai du moins pour nos yeux, que ces mirages, faux pour l'esprit trompé par les yeux. Pourtant je les prenais pour toi, et je m'en nourrissais, mais sans appétit, parce que tu n'avais pas à ma bouche la saveur de ce que tu es; et ce n'était pas toi, ces vaines fictions ; loin de me nourrir, elles m'épuisaient davantage. Les aliments pris en rêve ressemblent absolument aux aliments pris en état de veille ; et pourtant, ceux qui dorment n'en sont pas nourris, car ils dorment. Mais ils ne ressemblaient nullement à toi, maintenant que tu m'as parlé ; c'étaient des fantasmes de corps, de faux corps, moins certains que ces vrais corps que nous voyons des yeux de la chair, dans le ciel comme sur terre. Ceux-ci, bêtes et oiseaux Les voient, avec eux nous les voyons, et ils sont plus certains que lorsque nous les imaginons. En revanche, il y a plus de certitude à les imaginer, eux, qu'à faire d'après eux des conjectures sur d'autres corps plus grands et infinis, qui n'ont absolument pas d'existence. Voilà de quoi je me nourrissais alors, viandes creuses qui ne me nourrissaient pas. »

(Augustin, Les Confessions, III, 6)

Le septième jour est sans soir et sans coucher.

« Le septième jour est sans soir et sans coucher, parce que tu l'as sanctifié pour qu'il dure éternellement. Et si toi, au terme de tes œuvres très bonnes, que tu as pourtant faites dans le repos, tu t'es reposé le septième jour, c'est pour nous dire d'avance par la voix de ton livre qu'au terme de nos œuvres, qui sont très bonnes parce que c'est toi qui nous les as données, nous devons nous reposer en toi, dans le sabbat de la vie éternelle.

Alors toi aussi tu te reposeras en nous, comme aujourd'hui tu agis en nous ; et ainsi ce repos sera le tien à travers nous, comme ces œuvres sont les tiennes à travers nous. Car toi, Seigneur, tu es toujours en action et toujours en repos ; tu ne vois pas pour un temps, tu n'agis pas pour un temps, tu ne reposes pas pour un temps, mais tu fais notre vue dans le temps, tu fais le temps, et tu fais le repos issu du temps. »

St Augustin, Les Confessions, Livre XIII, chapitres 36 et 37
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"Et tu as vu, mon Dieu, tout ce que tu avais fait, et voilà que c'était très bon, parce que nous aussi nous le voyons et voilà que tout est très bon. Pour chacune de tes œuvres, après avoir dit : "Qu'elles soient", et qu'elles furent, tu as vu qu'elle était bonne. Sept fois, je l'ai compté, il est écrit que ce que tu avais fait, tu vis que c'était bon. Et c'est ici la huitième fois que tu vis tout ce que avais fait, et voilà que non seulement c'était bon, mais encore très bon, si on le prenait tout ensemble. Oui, une à une, les choses étaient seulement bonnes, mais toutes ensemble elles étaient bonnes et très bonnes. Cela, tous les beaux corps le disent aussi; car bien plus beau est un corps, constitué de membres qui sont tous beaux, que les membres pris un à un, à cause de l'harmonie parfaitement ordonnée qui donne sa plénitude à l'ensemble".

(Augustin , Les Confessions XIII, 28)

Tu étais devant moi; mais moi, j'étais loin de moi.

Reçois le sacrifice de mes confessions, cette offrande de ma langue, que tu as formée et excitée à confesser ton nom. Guéris tous mes os et qu'ils disent: « Seigneur, qui est semblable à toi (Psaume 34, 10) ? » Celui qui se confesse à toi, ne t'apprend rien de ce qui se passe en lui; car le cœur fermé n'est pas clos à ton regard, et la dureté des hommes ne repousse pas ta main; mais tu la fais fondre quand tu veux, dans la miséricorde ou la justice, « et nul ne se dérobe à ta chaleur (Psaume 18, 7).» Que mon âme te loue pour t'aimer; qu'elle confesse tes miséricordes pour te louer! Dans l'univers que tu créas, il n'est rien qui cesse ni qui taise tes louanges; ni l'esprit tourné vers toi, par sa propre bouche ; ni les êtres vivants et corporels, par la bouche de ceux qui les contemplent; et notre âme s'éveille de sa lassitude, elle s'élève jusqu'à toi en s'appuyant sur tes œuvres, pour arriver jusqu'en toi, qui les fis merveilleusement; là est le vrai réconfort et la force véritable.

Où ont-ils fui en effet, quand ils fuyaient ta face ? Ils ont fui pour ne pas te voir, toi qui les voyais, et pour aller, aveuglés, se heurter à toi, car « tu n'abandonnes rien de ce que tu as fait (Sagesse 11, 25) ». Les injustes t'ont rencontré, pour leur juste supplice; ils se sont dérobés à ta douceur, pour se heurter à ta justice, et tomber sur ton âpreté. Ils ignorent que tu es partout, toi qu'aucun lieu ne circonscrit, et que seul tu es présent même à ceux qui te fuient. Qu'ils se retournent donc et qu'ils te cherchent; car s'ils ont abandonné leur créateur, toi tu n'as pas ainsi abandonné ta créature. Qu'ils se retournent et qu'ils te cherchent! Mais tu es dans leur cœur; dans le cœur de ceux qui te confessent, qui se jettent en toi et pleurent dans ton sein au bout de leur pénible route. Et toi, dans ta clémence, tu essuies leurs larmes ; ils pleurent davantage et se réjouissent dans leurs larmes; car ce n'est pas un homme de chair et de sang, mais toi-même, Seigneur, qui les consoles, toi qui les a fais, qui les refais et qui les consoles. Où étais-je quand je te cherchais? Toi, tu étais devant moi; mais moi, j'étais loin de moi, et ne me trouvant pas, comme j'étais loin de te trouver!

Saint Augustin, Les Confessions (V, 1-2)

Je me précipitai ainsi dans l'amour où je désirais être pris

« Je vins à Carthage, où crépitait autour de moi la chaudière des amours honteuses.Je n'aimais pas encore, et par un manque plus profond, je m'en voulais de ne pas manquer assez. Je cherchais sur quoi porter mon amour, dans mon amour de l'amour; et je haïssais la sécurité, un chemin sans pièges. Car il y avait une faim en moi, vide de nourriture intérieure, une faim de toi mon Dieu; et ce n'était pas de cette faim-là que je me sentais affamé; je n'avais pas l'appétit des aliments incorruptibles: non que j'en fusse rassasié, mais plus j'en étais privé, plus j'en éprouvais de dégoût. Et mon âme était mal portante et couverte de plaies, elle se jetait hors d'elle-même, misérablement avide de gratter sa misère au contact du sensible. Mais si le sensible n'avait pas d'âme, on ne l'aimerait pas. Aimer et être aimé m'était bien plus doux, quand je jouissais du corps de l'être aimé. Je souillais donc la source de l'amitié des ordures de la concupiscence; je couvrais sa candeur des buées infernales du désir. Et pourtant, hideux et avili, dans l'excès de ma vanité, je voulais avoir l'air élégant et civil. Je me précipitai ainsi dans l'amour où je désirais être pris. Mon Dieu, ma miséricorde, de quelle amertume ta bonté a assaisonné ce miel! Je fus aimé, j'en vins en secret à la jouissance qui enchaîne, je m'enlaçais dans des noeuds de misère, pour être bientôt livré aux verges de fer brûlantes de la jalousie, des soupçons, des craintes, des colères et des querelles. »

St Augustin, Les Confessions III, 1

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